Sur le bassin Rhin-Meuse, la situation hydrologique générale de ce dernier mois de l’hiver est influencée par un manque significatif de précipitations. A l’échelle de la région, le déficit pluviométrique de mars s’élève à quasiment 30%. Ce manque d’apport a eu un impact direct sur les écoulements de tous les cours d’eau. En conséquence, les débits moyens mensuels affichent partout une baisse par rapport au mois précédent avec des hydraulicités qui sont en grande majorité repassées sous les valeurs de saison. La situation la plus défavorable se retrouve sur le secteur de la Doller, où le déficit d’écoulement en mars est supérieur à 60%. Les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) sont eux aussi impactés par le contexte météorologique plus sec que la normale. La majorité des points de mesure affiche encore néanmoins des Q3J-N proches, voire supérieurs au médian.
Sur les bassins de la Seine Normandie, la pluviométrie a été inférieure à la normale pour un mois de mars avec un déficit de 25 %. Le cumul des précipitations est compris entre 30 mm à l’ouest de l’Aube et 47 mm au nord de la Marne. Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois de février. Les valeurs sont très majoritairement comprises entre 0.8 et 1.2. En ce qui concerne les débits minimaux sur trois jours consécutifs (Q3J-N) en mars, ils sont globalement supérieurs à la médiane.
Concernant les eaux souterraines, suite à un mois de mars beaucoup plus sec que le mois de février, les tendances à la baisse sont à nouveau plus présentes, compromettant la fin de la recharge hivernale sur l’ensemble du territoire. Pour les nappes les plus réactives, malgré quelques capteurs qui gagnent une classe de niveau, environ la moitié en perd, avec parfois des évolutions à la baisse remarquables. Néanmoins, les nappes plus inertielles présentent une évolution des niveaux globalement positive, les capteurs de suivi gagnant une classe pour la moitié d’entre eux. Pour l’ensemble des nappes sur le Grand Est, en moyenne, le niveau moyen mensuel se situe autour des normales de saison.
Pour lire le résumé climatique mensuel de Météo-France, téléchargez le document ci dessous.
https://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/07_resume_climatique_mensuel.pdf
Sur le bassin du Rhin, les précipitations observées durant le mois de mars 2026 sont déficitaires sur l’ensemble du domaine, malgré quelques cumuls importants dans la deuxième décade sur le massif vosgien. Les débits des cours d’eau ont par conséquent beaucoup diminués par rapport au mois de février. Dans le Haut-Rhin, les hydraulicités observées sont en baisse par rapport au mois de février avec des valeurs proches de 0.5 (déficit de 50%). Dans le Bas-Rhin, une hydraulicité autour de 0.8 est constatée sur l’ensemble des stations (déficit de 20% en moyenne), seule la station de Sélestat présente une hydraulicité plus faible avec une valeur de 0.40 (déficit 60%). Une hydraulicité proche de 0.7 (déficit de 30%) est observée sur le Rhin à Lauterbourg.
Sur le bassin de la Sarre, les hydraulicités observées en mars 2026 sont inférieures aux moyennes interannuelles avec des valeurs proche de 0.5 (déficit de 50%).
Sur le bassin de la Meuse les précipitations sont légèrement déficitaires sur le partie amont du bassin. L’hydraulicité de la partie amont de la Meuse est déficitaire (entre 30 et 50%), dû a une absence de précipitation à la fin du mois, et celle de la partie aval est proche de la normale.
Sur le bassin de la Moselle, les précipitations observées sont hétérogènes. Sur la partie amont les pluies sont plutôt proche de la moyenne mensuelle, alors que sur certains bassins comme les deux Nied, elles sont déficitaires. L’intégralité du bassin présente une hydraulicité légèrement déficitaire comprise entre 0.6 et 0.7, ce qui se traduit par un déficit de 30 à 40%.
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les précipitations de ce mois de mars ont été inférieures à la normale. Les hydraulicités sont en baisse par rapport à celles du mois précédent et sont très majoritairement comprises entre 0.8 et 1.2. Les valeurs les plus faibles (entre 0.4 et 0.8) sont observées à Villiers-sur-Suize, Mussey-sur-Marne, Frignicourt et Chevières.
Sur le bassin du Rhin, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont assez hétérogènes avec des valeurs tant supérieures qu’inférieures au médian.
Sur le bassin de la Sarre, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont proches du médian sur les stations étudiées, hormis à Oermingen où la valeur est supérieure au médian.
Sur le bassin de la Meuse, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont globalement tous supérieurs à la médiane. Seul la station de Soulosse présente une hydraulicité inférieure à la médiane.
Sur le bassin de la Moselle, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs sont globalement proche du débit médian. Seuls les affluents que sont l’Orne, la Seille et le Madon présentent une hydraulicité proche de la médiane.
Sur le bassin de la Seine-Normandie, les débits moyens minimaux enregistrés pendant 3 jours consécutifs pour ce mois de mars sont en hausse par rapport à ceux du mois précédent et sont globalement supérieurs à la médiane. Les valeurs sont plus faibles sur l’aval du territoire (proche de la médiane) et inférieur à la médiane à Méry-sur-Seine.
Concernant les nappes des Calcaires du Jurassique de Lorraine, la météo plus défavorable du mois de mars a freiné la dynamique de recharge hivernale et la tendance générale repart à la baisse. En moyenne, la situation se maintient néanmoins à un niveau autour des normales de saison, mais la réaction de certains piézomètres au manque de précipitations de ce mois est spectaculaire, comme à Nubécourt (55) qui chute de modérément haut à très bas.
La nappe des Grès du Trias inférieur présente une situation moins favorable par rapport au mois de février, en lien avec le manque de précipitations de ce mois de mars. A nouveau, les baisses se dessinent. Le niveau moyen mensuel des capteurs stagne ou baisse et s’établit en moyenne à un niveau modérément bas mais déjà des niveaux très bas pour la saison sont atteints, comme à Grandvillers (88).
Il ne se dégage pas de tendance générale pour les niveaux moyens de mars par rapport à ceux de février en Alsace, étant donné que des hausses ou des baisses sont présentes un peu partout selon les secteurs de nappe. Dans le Bas-Rhin, les niveaux sont en hausse au nord à Wissembourg (+4 cm) et Sessenheim (+13 cm), +9 cm en bordure à Griesheim-près-Molsheim et +15 cm à Weitbruch. Par ailleurs, ils sont en baisse de -8 cm à Haguenau, -10 cm à Baldenheim et environ -20 cm autour de Strasbourg, à Lampertheim, Reichstett et Lipsheim, mais aussi plus au sud à Rossfeld. Les niveaux moyens mensuels restent autour de la moyenne à Griesheim, sont à des niveaux modérément hauts à Wissembourg, Haguenau, Weitbruch, Reichstett ou Rossfeld, et hauts pour Sessenheim, Lampertheim et Baldenheim. Dans le Haut-Rhin, les niveaux sont en baisse au nord du département, avec -19 cm à Holtzwihr (Porte du Ried), -24 cm à Illhaeusern et -30 cm à Guémar. Les baisses sont aussi de mise le long du Rhin (-5 cm à Fessenheim) et dans l’extrême sud (-7 cm à Hésingue). Les autres sites sont en hausse, de +14 cm en centre plaine à +40 cm en bordure à Wintzenheim, jusqu’à +63 cm à Cernay (Thur), et même +92 cm dans le Sundgau oriental. Les niveaux moyens mensuels sont autour de la moyenne à Illhaeusern, Holtzwihr, Cernay ou Habsheim, en niveaux modérément hauts à Wintzenheim et Hésingue, et en niveaux hauts à Guémar, Hettenschlag, Fessenheim et Wittenheim.
Sur la nappe de la craie plus inertielle, la recharge se poursuit, encore confortée par les précipitations du mois de février notamment. Les tendances à la hausse restent majoritaires. En moyenne, le niveau moyen mensuel monte encore légèrement et atteint un niveau proche des normales, les niveaux moyens mensuels s’échelonnant d’un niveau modérément bas (Hannogne-Saint-Rémy (08) ou Saint-Etienne-sur-Suippe (51)) à un niveau modérément haut (Chamoy (10) ou Bussy-le-Château (51)).
(Sources : APRONA, DREAL Délégation de bassin Rhin-Meuse)
Une liste des piézomètres de la région Grand est disponible en téléchargement ci-dessous. Le tableau contient des liens vers les informations relatives à chaque point de mesure :
https://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/listepiezo_bsh-grandest.pdf
Pour les réservoirs et barrages de la région Grand Est, le niveau de remplissage fin mars 2026 est de près de 85% pour les retenues destinées à la navigation. En ce qui concerne les retenues destinées à l’alimentation en eau potable, le réservoir de Madine et la retenue de Michelbach affichent un taux de remplissage confortable de près de 99%. Pour les retenues destinées au soutien de l’étiage, le taux de remplissage du réservoir de Vieux Pré affiche 100% alors qu’il s’élève à 94% pour le barrage de Kruth. Afin également de répondre à la double mission de soutien des étiages et de lutte contre les crues, les barrages-réservoirs du bassin de la Seine poursuivent leur recharge avec un taux de remplissage de 82%, ce qui est conforme à l’objectif de gestion pour une fin mars.
Vigicrues : https://www.vigicrues.gouv.fr/
Le suivi de l’étiage : http://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/etiage-secheresse-r244.html
L’HydroPortail (anc. banque hydro), le portail des données quantitatives sur les cours d’eau : https://hydro.eaufrance.fr/
Le portail d’accès aux données sur les eaux souterraines : http://www.ades.eaufrance.fr/
BSH : Bulletin publié par la DREAL Grand Est qui présente mensuellement l’évolution de la ressource en eau.
Évapotranspiration :
Quantité d’eau consommée qui comprend d’une part l’eau transpirée par la
plante, d’autre part l’évaporation directe à partir du sol, exprimée en
millimètre.
Évapotranspiration Potentielle (ETP) :
Correspond à la quantité maximale d’eau transpirée par les végétaux et à
l’évaporation du sol dans des conditions idéales.
Normale (météorologique) :
Moyenne de variables météorologiques calculées sur une période uniforme
relativement longue choisie par consensus et telle qu’une moyenne
établie sur toute période plus longue n’ait pas une valeur
significativement différente. En météorologie, une période de 30 années
a été retenue par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les
périodes de référence furent 1901-1930, 1931-1960, 1951-1980, 1971-2000
, 1981-2010 et actuellement la période est 1991-2020. Attention, à ne
pas confondre avec la moyenne (voir définition dans ce
glossaire).
Pluie efficace (ou bilan hydrique potentiel) :
Différence entre les cumuls de précipitations (RR) et
l’évapotranspiration potentielle (ETP). Elle peut donc être
négative.
RR (Rainfall Runoff) :
Cumul de précipitations, généralement exprimé en millimètre de pluie
(mm).
Débit :
Volume d’eau écoulé par unité de temps généralement exprimé en mètre
cube par seconde (m3/s).
Débit de pointe de crue :
Débit instantané maximum observé.
Débit minimum sur trois jours consécutifs (Q3J-N)
:
Le Q3J-N (anciennement appelé VCN3 et aussi appelé débit de base)
correspond au débit moyen minimal calculé sur 3 jours consécutifs sur
une période donnée. La date du Q3J-N correspond au premier des trois
jours considérés.
Débit moyen journalier (QMJ) :
Le débit moyen journalier correspond au volume écoulé sur une journée
rapporté à l’unité de temps, et généralement exprimé en m3/s.
Hydraulicité mensuelle :
Rapport du débit moyen du mois considéré à la moyenne historique du mois
considéré. Elle permet de positionner un mois par rapport à un mois
moyen.
Module mensuel :
Moyenne de l’ensemble des débits moyen mensuels d’un mois considéré,
calculé sur l’ensemble de la période d’observation de la station.
Aquifère (ou nappe d’eau souterraine) :
Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de
l’eau mobilisable, constituée de roches perméables et capables de la
restituer naturellement et/ou par exploitation. On distingue deux types
d’aquifères :
- Aquifère à nappe libre : l’aquifère reposant sur une couche très peu
perméable est surmonté d’une zone non saturée en eau.
- Aquifère captif (ou nappe captive) : dans une nappe captive, l’eau
souterraine est confinée entre deux formations très peu perméables.
Lorsqu’un forage atteint une nappe captive, l’eau remonte dans le
forage.
Niveau piézométrique :
Niveau auquel peut monter l’eau d’une nappe dans un tube (le piézomètre)
lorsqu’on réalise un forage. Ce niveau correspond à la pression de la
nappe, il est généralement donné en mètres NGF.
Piézomètre :
Tube foré dans le sol atteignant la nappe phréatique et permettant de
mesurer son niveau. Certains puits ou forages qui ne sont plus exploités
aujourd’hui servent également de piézomètres.
Fréquence :
Pourcentage de chance qu’un événement se produise sur une période
donnée.
Fréquence quinquennale (respectivement décennale) sèche ou
humide :
Valeur-seuil dépassée 20 % (respectivement 10 %) du temps.
Médiane :
Valeur qui divise une séquence ordonnée de données en deux parties
strictement égales. En l’absence de valeurs toutes similaires, la moitié
des observations sera inférieure et l’autre moitié sera supérieure à la
médiane. Elle est aussi appelée normale en hydrologie.
IPS (Indicateur Piézométrique standardisé) :
Il est défini sur une échelle dite « standard », sa valeur numérique
varie entre –3 et +3 (sans unité), il facilite le calcul d’un indicateur
global à partir d’un indicateur ponctuel, il permet d’avoir une vision
homogène de l’état des nappes libres (ou captives) à l’échelle
nationale.
Période de retour (ou durée de retour) :
Inverse de la fréquence, généralement exprimée en nombre d’années. Par
exemple, pour une fréquence quinquennale (soit 20%, donc 1/5ème), la
période de retour est de 5 ans.
COTECO :
Comité Technique de Coordination de l’EPTB Seine Grands Lacs.
EPTB Seine Grands Lacs :
Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs.